suite tilleul

En Basse-Bavière, un tilleul à grandes feuilles domine la place du village de Ried. Cet arbre est probablement le champion de son espèce. Le poète Wolfram Von Eschenbach, troubadour auteur de la version originale allemande de Parzival était installé sous ce tilleul de mille ans au château de Haidstein. Il semble que ce soit là un maximum, la majorité des tilleuls ne dépassent guère 400 ans.

Tanzlinde (Allemagne), littéralement tilleul à danser

effelder

Effelder (Allemagne), littéralement de l'Effel

Chenklengsfeld (Allemagne)

Dans les pays germaniques, certains tilleuls étaient taillés selon un rituel bien précis et étayés par des béquilles de bois ou des piliers de pierre. Cette taille particulière permettait à ces arbres de faire office de tilleuls à marches (Stufenlinde). À l'ouest de Bamberg (Allemagne), se situe un tilleul composé de sept niveaux mais seuls les inférieurs ont un rôle pratique. À Limmersdorf et Peesten on rencontre également des Tilleul à danser (Tanzlinde) dans lesquels se trouvent des pistes de danse (ou des passerelles). Des escaliers taillés dans le tronc ou d'autres en colimaçon permettent d'y accéder. La plupart ont aujourd'hui disparu, toutefois il est possible d'en rencontrer en Bavière. Lors des célébrations, le tilleul devenait le centre des festivités : les villageois le décoraient et dansaient autour de son tronc à l'occasion d'un mariage. En effet, les jeunes mariés venaient danser à l'intérieur de l'octogone ou sur les pistes de bois et se souhaitaient bonheur et amour. Une autre festivité voulait que l'on fête le printemps et la nature au mois de mai autour de ces arbres (vivants ou abattus pour l'occasion) sur la place du village. Ces arbres était appelés des « mais ».

Cette information est tirée de la brochure téléchargeable

J'avais bien fait quelques découvertes dans ma région sur les arbres à loques et sur les arbres à clous. Mais ce qui attira mon attention, c'était le fait que une fois sur deux, sans doute un héritage de l'influence germanique, un tilleul prenait une place prépondérante dans les villages que je traverse tous les jours. Permettez-moi de vous présenter des arbres que je connais plus personnellement. Il y a un village à Waha où l'on trouve un mégalithe et dont l'église se détache dans un écrin de verdure grâce à son magnifique arbre qui la précède.

waha

Souvent, ces arbres sont affublés d'une croix ou servent de support à une chapelle comme plus rarement d'autres essences comme ici dans le village voisin de Sarolay.

Cet arbre apparemment ignoré n'est pas proprement parler un arbre à clou avéré mais la tradition se perpétue discrètement.

sarolay

Mais il faut distinguer l'essence de la pratique même si le tilleul sert souvent de support à cette étrange coutume. Cette coutume est probablement une dérive wallone des arbres à loques et mérite un sujet à elle-seule. Si vous voulez en savoir plus, je vous invite à consulter les liens suivants : Arbres à clous :

Revenons à notre tilleul. Un autre village voisin Barchon abrite aussi un arbre oublié. Certaines personnes n'ont pas ignoré de manière inspirée l'utilisation possible d'un tel arbre.

barchonbarchon

 Si je poursuis mon rayon autour de mon domicile, je découvre aussi des tilleuls non associés à un lieu de culte mais empruntant une place centrale à laquelle les pouvoirs publics n'ont jamais dérogé. Ainsi l'arbre de Grand Rechain ...ou le vieux tileul d'Emptinne ...

grand rechainretinne

Tinne, Tienne, Thiers, Tiène, Tignée (et son vieux chêne) peuvent désigner une montée ou un tertre. Un tertre ? Quoi de plus logique que de vivre avec ses ancêtres à proximité d'un arbre "magique" comme le Tilleul d'Anthisnes ou celui de Retinne (ci-après).

retinne

Et les exemples sont légions.

Que dire de tous ces tilleuls légendaires aujourd'hui disparus comme le tilleul du Cotfice ?

Chaque place, chaque village avait le sien, plus rarement un chêne ou un marronier.

Quelques tilleuls :
Il serait alourdissant de parler d'avantage de cet essence dans ma région mais la preuve est faite qu'il est là au centre et bien là à côté de moi.

Voici la fin de ce tour d'horizon, propice à d'autres interrogations comme : qu'en faisons-nous ? Alors, le tilleul, arbre guérisseur, pilier central, pourvoyeur ?

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